Le Paléolithique -800 000 > -6000

Les premiers hominidés attestés en Europe appartiennent au genre Homo heidelbergensis qui atteint notre territoire il y a 1 million d’années. Ils apportent avec eux un savoir-faire : la taille de la pierre.

Les plus anciens outils se composent de blocs et galets taillés en choquant les pierres entre elles : on les appelle "choppers" ou "chopping tools". Ils sont présents à Wimereux, Abbeville... Cette industrie est progressivement remplacée par un outillage nommé acheuléen, principalement composé de bifaces. Se nourrissant de charognes, puis progressivement des produits de la chasse, leur habitat est mal connu dans la région.

Au Paléolithique moyen l’outillage se standardise. Les outils sont produits à partir d'éclats retouchés de manière à obtenir des formes variées (grattoirs, racloirs...). La méthode de débitage Levallois permet notamment de prédéterminer la forme de ces éclats par une préparation du bloc de pierre (nucléus).

Le Paléolithique supérieur correspond à l'arrivée de l'Homme moderne, Homo sapiens, anciennement appelé "Homme de Cro-Magnon". La région se situe encore en contexte périglaciaire, la « mer du Nord » laissant place à une steppe. L’outillage, principal témoin de l’activité humaine, se caractérise par une multiplication des formes. Les grattoirs, perçoirs, burins servant au travail des matières dures animales sont façonnés à partir de lames (éclats longs). Les outils en os, ivoire ou bois de rennes tels que les aiguilles ou les harpons permettent le développement de nouvelles activités comme la couture ou la pêche. 

La fin de la dernière glaciation, vers 10 000 av. J.-C., marque le début du Mésolithique. Les ressources naturelles sont plus abondantes, favorisant la cueillette. Méthodes et armements s'adaptent à la chasse : l'usage de l'arc se généralise. La pêche est également pratiquée avec des harpons, des nasses... L'arrivée d'une nouvelle population d'agriculteurs-éleveurs sédentaires marque la fin de la période.

En 1976, le site de Biache-Saint-Vaast a livré une moitié postérieure de neurocrâne ainsi que des fragments inférieurs de la face et 11 dents appartenant à un jeune adulte. Ce crâne présente un ensemble de caractères anatomiques de type néandertalien. Un second jeune spécimen n’est représenté que par des fragments de l’os frontal, de l’os pariétal, du temporal gauche, du sphénoïde et de la partie antérieure de l’occipital. Ces restes humains exceptionnels sont datés de 175 000 (± 13 000 ans).
Les premiers outils ont tout d'abord été de simples cailloux, des galets utilisés tels quels ou aménagés afin d'obtenir un tranchant. Les rognons ou les galets taillés sur une seule face sont appelés « chopper », tandis que les pièces dont le tranchant a été obtenu par des enlèvements sur les deux faces (bifaciaux) se nomment « chopping-tool ».
Le biface est réalisé par façonnage progressif des deux faces d’un bloc (ou d’un gros éclat) de matière première. L'usage de ces bifaces est très varié : grattoir, racloir...
Cet animal est représenté à Biache-Saint-Vaast par au moins une centaine d’individus. Le site a par ailleurs fait fonction de lieu de découpe et de consommation de grands animaux (rhinocéros de prairie et aurochs) et probablement aussi de lieu de piégeage et d’abattage.